Sinthèse de DSK faisait taire la division entre lui et Ségolène Royal :
Mes camarades, dès dimanche soir, j’ai parlé de défaite, certains ont crié au scandale, je crois qu’ils ont tort, je crois que nous avons intérêt à dire la vérité et à faire comprendre aux Français que nous sommes capables de regarder la vérité en face. Certains y ont vu une attaque contre Ségolène Royal, tant on aime opposer les socialistes les uns aux autres.
Il paraît que j’avais un visage dur, oui, j’avais un visage dur, pas contre notre candidate, Ségolène Royal, j’ai fait sa campagne, j’ai fait acclamer son nom par des dizaines de milliers de gens
venus dans les meetings, et je suis fier de l’avoir fait, donc ne nous donnons pas des leçons les uns aux autres, mais j’avais un visage dur parce qu’il y a de la dureté dans la douleur de la défaite, pas dans la dureté dans une quelconque médiocre vengeance des uns par rapport aux autres.
Sur le fond,je persiste.Nous avons vécu une élection présidentielle qui nous conduit à un résultat qui, malheureusement, est incontestable, c’est quand même la troisième défaite présidentielle que nous enregistrons (...)
Alors les causes ? Est-ce que c’est le moment ? J’entends bien tout le monde qui dit : est-ce que c’est le moment de discuter sur les causes ? Parce qu’on a les copains, tous, qui sont dans le combat législatif. (...) Si on veut avoir une petite chance de l’emporter, en tout cas de résister, il faut qu’on soit capable de dire aux Français qu’on a entendu ce qu’ils ont dit à l’occasion de ces deux premiers tours.
Alors la campagne, je veux bien, on a sûrement fait des erreurs de campagne, sinon on aurait gagné, mais ça, pour le coup, on verra, on a le temps d’en reparler. En revanche, je crois que cette défaite a quand même des racines qui sont profondes, et ces racines qui sont profondes, c’est que nous nous sommes éloignés du réel : sur un ensemble de sujets, on n’a pas apporté aux Français une réponse qui était audible.
On pourrait prendre mille exemples. Sur les retraites, le débat entre nous n’a jamais été tellement tranché, qui fait qu’on se retrouve avec un programme du parti d’un côté, une candidate de l’autre, incapable de dire, ce n’est peut-être pas l’avis de chacun d’entre vous ici, en tout cas c’est le mien : 37,5 années, ce serait souhaitable, malheureusement, dans la société qui est devant nous, ce n’est pas possible, et donc il faut l’assumer. Si on n’assume pas ça, on a un discours qui n’est absolument pas audible.
On pourrait dire la même chose sur le nucléaire. On est un peu comme ci on est un peu comme ça, et on met la candidate et tous ceux qui l’ont soutenue, tous ceux sur le terrain quand on s’est battu, dans des positions intenables, où on dit, pour des raisons qui sont liées à l’effet de serre,on pense que finalement, le nucléaire est une bonne position, c’est ma position, même s’il faut développer autant que faire se peut les énergies renouvelables, ou on dit le contraire, mais on n’est pas entre deux.
Et quand on est entre deux sur trop de sujets, il y en a plein d’autres que ceux-là, on s’éloigne petit à petit de la réalité. Je crois que cet éloignement de la réalité fait que, effectivement, il faut revenir à un socialisme du réel. Quand j’entends parler de révolution culturelle, je crois qu’on a raison. Le socialisme du réel, ce n’est pas un socialisme purement concret où on apporte seulement des réponses concrètes, l’idéologie y a évidemment sa part, mais c’est bien une idéologie qui se pose un minimum de révolution dans notre manière de regarder les choses. On en a rencontré des ouvriers, qui nous disaient : 1 500 euros, c’est bien, mais avec 1 500 euros, le patron ne va- t-il pas débaucher ? Je ne dis pas qu’il a raison de dire cela, je dis qu’il dit cela. Donc nous, parce qu’on a laissé s’insuffler cette idée-là, on a perdu une bataille culturelle, et c’est celle-là qu’il faut regagner, mais la regagner en ayant les pieds ancrés dans la réalité, pas dans le monde tel qu’on le voudrait, dans la réalité du pays telle qu’elle est aujourd’hui.
vendredi 25 mai 2007
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